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07 août 2015

Franquevaux. I

Si on se mêle, si on y arrive, si le destin ouvre les portes, il y aura des flots, des flots de roses et de cailloux, pierres posées, lustrées en robes fines, en mains levées, en armes, arcs et outils, soleil, rosée, larmes oubliées et devant et derrière, une espérance et la voix toujours venue, toujours,

tenue, sans rames, sans fêlures, sans rien autour, pour simplement, simplement, dire le moment et je pense, en ce moment, il y a une image et il y a le temps, le charme, fort, j’hésite, délicat, forte délicatesse, à point nommée, corps perdu, il faut, il faut ouvrir les bras et les fenêtres et libres,

enfin, ouvrir tout, tout, à la brise, au vent presque trop frais, ailleurs, avant, pendant, on disait aussi : et léger et ravi, si on osait encore la danse, pour tout saisir, pour tout dire, ah, renaître, parfum léger, parfum fleuri, tout est léger, léger et pomme ronde et vent léger, tout léger, outils posés,

au jardin chaque jarre est vidée, ils s’amusent, ils s’enchantent et coulent, coulent, les larmes, la joie est immense, la terre, la terre hors des jarres, hors des tonneaux, raisins mûris, cœurs oubliés, il y a une envie de plénitude, je chante, je dépose, à tes pieds arbre, les crins, les dents, les os,

les chevaux sacrifiés, cœur amoureux en ouverture, et tout à la joie, tout au calme, on espère, on donne, et on conte le fil de l’air et la brise fraîche qui coule, tout roule, tout coule, tout embrasse et rendu, et sorti, et tiré en haut dans l’ombre encore claire, il y a un abri de ciel voilé, calme et léger,

sans amertume, sans drame, sans peine, sans regret, pour pouvoir dire j’ai tout compté et je pardonne et je donne du temps à l’âme, dans le calme et sans regrets, du charme enfin et du rire, de la résistance, la roue tourne et tout j’embrasse, je sers, je vis, je chante et tout commence, ils sont,

en leur haut, tout demeure et les plus grands, les moins jaloux sont en avance, et aussi loin et aussi seuls, encore à regarder ceux qui mesurent leurs arbres, leurs toitures, tu te dresses et tu regardes, le ciel calmé, la rive large, les arbres et les oiseaux, ombre et silence, une trace, un ciel venu,

un grand début et des frissons, des frissons sur la courbe, ils passent encore et glissent et les grands, grands, oiseaux les ailes blanches, en bec et griffes, ils useraient et courberaient le toit envahi, l’arbre très haut, au souvenir, au charme connu, ils chantent, ils donnent, ils brillent et tout ensemble

ils mélangent les moments, la liberté légère, et tout en ordre, tout en rang, toutes toiles dehors, il y a comme, comme, des désirs de chaleur, des envies d’explosions, des joies à venir, des dangers éloignés, des rires sur les bouches ouvertes, ils nettoient les tuiles et mesurent leurs arbres, ciel,

vent, fraîcheur, liberté, légèreté, sans rames, sans fêlures, que cette joie, cette joie, demeure.

16 Août 2014.

08:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (1)

03 août 2015

Tout passe.

Un aboiement, tout passe, tout passerait, et je ne me lasse, sur l’eau tiède, des reflets, des éclats, la nuit quitte le jour, des cœurs émus, des sons pensés, ils tirent au loin et rament : les bateliers, barque dorée, ombre précise, au flanc, au tronc, à l’âme sans atours, aux corps emmaillotés,

aux mains enrubannées, ils filent la tendresse et boivent de longues gorgées, eau sucrée, eau tranquille, aux rames la splendeur et tout tire sous le vent, dans le soleil, corps émus, mains tendues, tu te retires et tu contemples, dans ton coin d’ombre, le plus facile pour éviter la mort, tout tirer,

pour entendre les fleurs des aubépines loin, aube et peine, tout bien mélangé, une espérance, une révolte, des mots pour beaucoup d’autres et des tensions, des larmes vives, la joie est brûlante, les corps sont durs, ils tombent et relèvent, ils dansent et s’emploient utilement, sans rudesse, le tendre,

le posé, le sensible, il est au premier banc, il rame vers la rive, épaules nues, mains dorées, tout tient au cœur, le sens du courant, le fil de l’eau, bois en main et couteau dans la poche, affuté et sensible, lame de fond et arme blanche, tendues, tendues, une espérance : la vie est encore à commencer,

sans rien attendre et sans voir, les sens affutés et avec courage, la mort est loin, les pieds glissent dans l’eau, sur les planches noires, sur le sable, dans les rochers, ils tournent et invitent, cœurs à donner, corps affolés et tout en envie de se dire : désirez moi, soyez ensemble, blancs et noirs et blonds

et charmants, sans nuages, capitaines et bateliers, vous êtes à jour, la rente est versée, sans ombre, sans toit, sans rosier et dans les aubépines, ils sont attendus, ils y sont, ils tournent et tranchent, fil de lame, couteau à briser, je reste là et je réclame, cœurs amoureux, corps éloignés, lame à trancher,

ils tournent encore et je refuse la main, le pied, le corps et l’âme à dire et dire encore, je suis ici et je vous tiens, vous y êtes venus et enlacés, dans le bateau, sur les marches, dans la pente, sur la rive, au sable, sous le vent, les cœurs échappent, la voie est libre et à son élan tout encore et tout

encore, on tranche et vivement dans le soleil, dans le vent, dans la peine encore vive, sur le devant, dans le soleil derrière l’ombre, tout chavire, le bois, les rames, les sacs, le linge tout à la ligne, tout au cordeau, on trace au jardin un rang de persil, et soif immense et intensément du temps on devine

le goût, un peu de sel sur la paupière, le vent le tient, il est absent, il tourne fort, une image pour une autre, dans ce jardin et au bord de l’eau, ils rament et coupent, soutenez, soutenez, il faut accepter et compter, la vie, la joie et tout ses entourages, sur le devant dans le soleil, l’été sans fin,

il fera beau, en soif, ils chanteront les bateleurs, les jours comptés, les raisins mûrs et tout cela vaut le dernier, le fil du temps, le grand courage, respirez, accélérez, il fera beau au vent, au large, en reflets, en éclats, un aboiement, tout passe.

16 Août 2014.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)