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15 juillet 2015

A couper.

Sans points, sans traits, sans ratures, tu te disperses et tu arroses, ô douceur lente, ô joie retenue, tu coules en choses sûres, en champs ouverts, en doigts écartés, pour ouvrir un gouffre dans la lumière, pour saluer la peur et vaincre les nuages, la certitude, il est si triste et recommence,

sans voir, sans entendre, sans parler, sans fleurs à son jardin, sans rires sous ses pieds, figure forcée, un chemin dans le pays, des tessons abandonnés, tout entrave et encombre, en soi, dominer la vie, la mort et les éclaboussures, souliers jetés, lacets au vent, tu es posé sur le devant, tiens-tu

en toi les cordes et les manches, pieds tordus et souillés, tu ne marches plus, engendre, engendre des cadavres, poses déposes des suaires, des linceuls, serpent tu meurs, dans ton ombre, tout ruisselle, une coquille, des yeux perdus, des figues gonflent sous la pluie, on laisse venir à soi la pire

des choses, on cherche, on tourne, on établit, les plans sont résolus, la vie est arrêtée, je vois, j’entends, toutes ces choses et leurs noms sous les pierres, tout est sale, tout est prévu, les corps, les dents, la peau tout est arraché et l’air disperse, tout aveu est dérisoire, sans points, sans traits, sans

ratures, un temps sans vague, sans oubli, une pensée pour un pauvre mort, ils sont partis ils sont au loin et on torture et on se donne du cœur à oublier, des ruisseaux à contempler, sans rien autour, sans grandir, sans, douleur de pierre et regrets de verre, tout à briser, tout à comprendre, la vie,

le sang et le reste, on oubliera les larmes, et tout donner, tout prendre et attendre, attendre, un jour de jugement, un jour de fête, des boucles aux souliers, des cheveux sans force, du vent dans les branches et le linge, mouillé, séché, les oiseaux passent, et tout dire, sans points, sans traits, sans

ratures, sans raison, sans repos, sans projets, sans armes, un massacre pourtant, des os brisés, des yeux de fou, et de la musique, et tout y passe, une note après l’autre, de la volonté, du courage, de la vertu à joindre à la certitude, le temps est clair, la route brille, tout est forcé, tout est

arraché, la main, les yeux et les herbes sauvages, graines et foins, paille perdue, odeur de bois et de bataille, on arrache, on brûle, on souffre, on évacue, tout est brisé et tout y est, le chagrin, la chaleur, l’oubli et le pardon, on avance, on croise, on recommence, on est en face, et on demande

et de tout on veut recevoir, le jour, la nuit, au matin, on compte et on soupire, donnez moi encore, je vois, j’entends et plus rien ne se pardonne,  je veux et je retiens, je ne veux rien perdre, et tout cela tourne et encombre.

13 Août 2014.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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