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29 mai 2015

Et tout pour dire.

On en est, et perdu et abandonné, et tout pour dire : il le faut, la route est longue. Toujours tu te tiens, et on est perdu, tu en viens, on s’entrouvre, loin au loin, en avant, et toujours la quantité, le poids des objets, la couverture. Les rayons, durs et chauds, soleil oublié au cœur, et tout est croisé. Tout entre en espérance, dans le sens, dans le cours, dans l’eau, et tout coule et tout descend, aucun cadavre à l’horizon, et les yeux cherchent, et plus rien on ne trouve.

 

Y serai-t-on trop attaché, et encore perdu et abandonné, sur les hauteurs plus rien n’y bouge. On suit, on va, on tire, on pense, les yeux ouverts et au jardin abandonné, sur les mains tout griffe et se venge, cœur oublié, soleil croisé, on tire, on lance. Sans conséquences, il n’y aura pas de fin, juste un doigt levé et tourné vers les astres, les gouffres sans horizon, sans unité, sans pression, une demande, une invective : et je ne te cherche plus et je ne te trouve plus, tu es parti.

 

Et tout ailleurs, tu penses à la fin des choses, gens aux regrets, cœurs jaloux et abandonnés, sur le devant, dans l’ombre claire, tu vois le soir et seul tu entends le compte clos. La vie sans traces, les aiguillons pour les serpents, les outils en deuil et sur sa face illustre et illustre un regard posé dans l’ombre claire. Un soir il sera seul et tout le tournera quand même, en avant, on fait le compte, on croise les doigts, on tord le cœur, la confiance dans la poitrine, et tout espérance et tout abandon, tout tourne au loin, tout tient son âme, le seul, le seul, il est trop grand et face illustre, il cherche et tout le trouve. Encore sur le devant, en avant, loin, la vie penchée, le cœur en retour, tout tourne et se consacre, cœur oublié, soleil croisé sur la peau claire, encore sur le devant. Il faut penser aux soirs en solitudes, sans rien, sans toile, sans nappe, des aiguillons pour les serpents, la vengeance oubliée, le temps sec, la mémoire perdue, le ciel aride, il faut, il faut tout compter, tout peser, pour donner, donner et tout entendre, les yeux, le nez, les mains, les pieds et.

 

Prend donc ce boisseau de poussière, et noie ta peine, noie ton regard, noie la voix enfin claire, tout est posé au souffle, au vent suspendu, un air, un air, et tout résonne, tout s’entend, dans l’escalier, sur le chemin, les arbres, les rochers, les vallons, on voit, on rit, on pense, les jeux et les jeux, tout est inscrit et tout est là. La mémoire dans le cœur, enfin, enfin, respire.

 

On y est, on y vient, tout tourne et tout commence, les yeux, le nez, le cœur, le soleil et la joie, la confiance enfin. Tout est à donner, tout est pesé. On y est, on y vient et là, enfin tout commence à s’inscrire.

 

08 Août 2014

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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