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13 mai 2015

Bien avant.

I

Je vois, je perds, je tourne, de tout m’impatiente, feuilles trouées, raisins perdus, roses sans vie, terre tournée et cœur flétri, sur les rameaux, sur les épines, un chien, une âme, des yeux sans joie, de l’amertume et des limaces, col écarté le rouge au front, je t’abandonne, rends-moi du temps, prends ma main et guide.

L’obscurité, genoux cernés, yeux oubliés et, dure une éternité de calvaire, chemin sans croix. La nuit est étendue pour longtemps, entre dans ton agonie et ne prends rien, pousse le bras, défais une à une les toiles, au vent ravis la poussière. Contre les troncs, entre les dents, pousse un air, une longue et lente plainte, au plein rendue, à l’incertitude, aux rayons secs, au calme, à plat. A la main tasse la terre et serre les doigts sur le devant, tire et racle, outils rouillés, cœurs oubliés, silence et mort commencent et font.

Il y a un temps, il y a un calme, la nuit est lente et longue, les yeux sans voix, la bouche ouverte, la bouche fermée, les râles, les craintes, temps oublié, cœurs suspendus aux branches, aux abeilles, raisins perdus, roses sans grâce, tout est à perdre et tout demande.

 

 

II

On y a des bruits, des frottements, du murmure, du seulement, de la bataille, bien avant, bien avant.

 

 

III

Au cœur évanoui, au ventre sans repos, aux mains crispées, aux choses lentes, la fuite, une Égypte pour y voir clair, pour entre les dents sonner la conquête.

On meurt ici, tout y devrait, et vivre et naître, sans faille, sans obstacle, un fil tendu, une eau qui coule et pour toujours y rassembler, poil à poil, silence pour silence, des mains et des genoux et des coquilles.

Pèlerin et bâtons en marche, sur le devant, à l’aventure, pour finir, pour tenter, pour prendre et ne rien achever, la vie avance et, plus rien ne rature les âmes. Soleil perdu, cœur oublié, ployé sur ton bâton en marche, défends toi bien.        

07 Août 2014.    

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