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02 mai 2015

Trop tôt. I/III

I

 

Le matin est trop tôt venu, la bouche au cœur, tout traîne, tu sacrifies l’espérance, sans secours. Souhaites-tu voir encore le temps changer, défends-tu la raison et tes angoisses, obstinément. Tout est à sacrifier, tout est à pleurer, pour faire semblant, être touché, être sans voix et sans ardeur, matin trop tôt venu.

Dans l’escalier tout est effondré, planches et clous, outils, tout est brouillé, les yeux, le sang et la vengeance. Homme défait, pesant son poids de bois et de sourires, tu es en face et tu connais les cordes, les succès, le passage de l’un aux autres. Tu ne donnes rien et tu ne cherches pas. Le cœur en impression, la vue cernée, il te faut des rires et du courage, de la vigueur et des histoires, pour sortir des trappes noires, des souliers usés à la ruelle où rien ne passe. Trop tôt venu, bien trop parti, tu erres et perds un peu de voix, un peu de temps. Que tout passe.

Tu es au bord, la goutte d’eau depuis longtemps en l’air est en attente. Ruisseau, tu rêves et ne dis rien, tout passe et vainement, traces sur le sentier, rouages égarés, touts épars et prêts à commencer, une vie en morceaux, rangée aux étagères. Tu traces et tu traînes, tu respires et  sans rigueur, sans plan, tu alignes. Tout est vrac et tout est champ répandu, sans ordre, chaos, tohu-bohu, silence et peine extrême, extrême vraiment, lassitude, cœur épuisé et voix perdue. Le rien te tiens, la vie se passe, d’un nuage à un autre, tout est à défaire une fois et plus encore.

06 Août 2014. 

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