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20 septembre 2014

Paysage tragique. IV

Se dire et se faire, trouver gros, lourd, enfermé, sans déclic, où donc est l’ouverture. Tu finis un sentier, tu fermes un parcours, où sont-ils donc, les cieux ouverts, l’air respiré, le charme et la gaieté, il y aura un son, il y aura un geste, et simple, et courant seul sur ce chemin, tu ouvriras le reste,

pour accueillir le vaste monde. On coupe, on cerne, on nomme, on calcule, le temps passé, la clarté. Pauvre petit œil, pauvres racines arrachées, vous êtes en sanglots, vous courez, aux confins, vous achevez une route, il reste un avenir pesant de vieillesse et de regrets, vous êtes ordinaire,

et passez sur le bord, la route est noire, les oiseaux chantent peu, le ciel est obscurci, que reste-t-il de nos enfances. Temps ouvert et facile, il creuse un sillon il délace une corde, au tronc plus rien ne pense, il est penché plus lourd, plus lent, plus silencieux, et il ne comprend plus, oiseaux.

Envolez-vous, sur la rive vous êtes, le toit est soulevé, la conscience est amère, tout arrête et tout va, le ciel, l’air, l’eau sur la rive, il manque, il manque, un coin ouvert. Abandonnez le temps, courez jusqu’au tombeau, il y a des rois, il y a du mystère, le cœur est déposé, un clou retient les voiles,

il  a un  immense silence, rideaux tirés, cœur abandonné, à l’échancrure tout est dit. Sur le repos, sur l’abandon, fermez, fermez les yeux et souvenez vous, ils étaient nombreux dans le champ de fleurs jaunes, jonquilles écourtées, herbes encore vertes, il avance au temps qui a passé,

il avance dans le regret, le temps a fui, les rois sont au tombeau, tout a mordu le sol, l’herbe est sèche et la peau a flétri. Mordez, pleurez, il en est loin de cette enfance, jours passés, cœurs évanouis, le ciel ramasse, les larmes et le pardon, la saison finira bientôt. Volez petits oiseaux, courez,

jeunes gens, au panier, au berceau, les cœurs sommeillent et je poursuis.

21 Août 2013.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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