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07 septembre 2014

Paysage tragique. II

J’irai les lèvres closes, le cœur ouvert, au sacrifice, à la chaleur, en connaissance, en liberté, au plus éclairé des mensonges. Le calme posé, la rue arrosée, ils se tournent et ignorent. Les plus actifs, les plus pressés, ils avancent et tout ils  arrachent, tout ils défont et disent si peu, ils se font.

Une offense cruelle, ils sont abrupts et dérangés, ils se blessent, ils sont à point, ils avalent leurs mains, ils démontent, ils jetent un sort pour attraper, ils ébauchent, ils égarent, ils égratignent, ils sont contents, ils sont inutiles, ils enlacent le vent, la poussière, le mal posé, le mal reçu, ils effleurent.

La rive, les pavés, le ciel aussi et la vanité, tous les défauts, ils sont à tourner au vinaigre, ils sont impatients et sans âme et ils sont, ils sont, une évidence, d’un à l’autre, un chapelet, de toutes les lamentations, ils n’ont aucune vertu, aucune qualité, il y a bien du ciel, des larmes dans le vide, dans.

De ces passions, ils ont éventré le ciel, ils ont le courage du temps, il passe, il passe et tout leur passera, aussi, tout ira dans la descente, les animaux, les jeunes gens, la chair meurtrie, le jour posé. Le désir au bout des dents, il faut attraper la queue du mensonge, il faut éclairer, il faut établir.

Un peu de sincérité, je vis, je meurs et je m’incline, je suis perclus et détaché et je sens l’inutile effort. On tend à dire du lien levé : envolez vous, soyez sans crainte, le temps viendra des voluptés, le temps viendra. Le temps venu, il est passé, il est fini, il est ailleurs, qui sont-ils dans la rue.

Et qui aime ces oubliés, ils sont, ils sont et on ne peut dire, ils sont à faire le tour du temps, un temps perdu, un temps sans ombre, la terre tenue. Il est au bout du refus, au bout de la nuit, au bout du songe, affreux et oublié, tout arrive, tout arrive, il y faudra de l’ordre et du repos, de la volonté.

Des éclaboussures : temps précieux de la ferveur, si tout tu détestes et si tout t’ennuie, avale encore du silence et crache tous les serpents. Tu es venu et tu oublies, il y a dans cet air qui danse un écho noir, des goûts anciens, de la volonté, des mensonges nombreux et enfantins, ils sont assis.

Ils sont, debout ils finissent la nuit, au jour perdu, au jour content, ils se démènent et ils arrivent. Il y aura toujours des erreurs, du passage, des mots un à un répétés. Il y a toujours des vérités à dire, du mal à oublier, de la flamme, des fleurs si belles sur les cailloux, les jeunes gens, la chair meurtrie.

Animaux, le jour en place, le désir au bout des dents, il faut attraper la queue du mensonge, il faut établir un peu : je vis, je meurs et je m’incline, je suis perclus et détaché et je sens l’inutile, le temps viendra, le temps venu, il est passé, il est fini, il est ailleurs, ils sont, qui aime ces oubliés.

Ils sont, ils sont et on ne peut dire, ils sont à faire le tour du temps, temps perdu, temps sans ombre, terre tenue, ils ébauchent, ils égarent, ils égratignent, ils sont contents.

18 Août 2013.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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