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30 août 2014

Seulement. I, II, III, IV.

I

Il avait sur l’horizon un point en fuite, un avenir, une croix, une lamentation. Les pas accablent encore, la vue, le destin, la mémoire et les erreurs. Le destin : tout a coulé, tout est venu, tout est beau et calme, certainement.

Trop calme, plus de vacarme, plus d’effrois, le temps passe, moment après moment. Une évidence : tout est là et plus rien ne sort, il faudrait du printemps et du vide, de la fureur, du mouvement, de la respiration en saccade.

Ce tout est une nécessité, la vue extrême au point ou tout fuit, les eaux assemblées, la cavalcade, une espérance après l’autre. Tout revient du calme, tout est précipité et tombe au fond, l’eau est aveugle, le temps est sourd.

II

Je remplis mon histoire et je teinte mon avenir, la pluie fut noire, le ciel trop clair, les uns, les autres, leurs retours, tout insiste, tout me rend, tout impressionne. J’habite, là, bien loin, bien près, dans la vie commencée.

Et presque finissant, tout revient à l’horizon, le temps, le ciel, les herbes et les fleurs, les cailloux sous le pied encore. Le souffle du plus haut, la vue au plus bas, les images étalées, la fraîcheur, l’obscurité, les branches, simplement.

Les oiseaux et les drapeaux flottent, simplement, tout flotte, tout arrive, tout recommence, rien ne s’achève. La roue tourne, le temps est clair, à rire et à chanter, la joie et la crainte, le jour béni, la saison, je les laisse aller.

III

En liberté, ils font des gestes simples, un air, un bras en avant, la dureté et la tendresse, tout est venu et petit, tout à leurs images, le temps compte. Au chemin, tout tourne et tout circule, les arbres et le vent, l’eau enfuie.

Sous les ombrages, ils disent frais, ils disent épais, ils sont amis, le reste, tout unit et tout disperse : le jour venu, le soir tombant. Ils tomberont, il sera et lourd et chaud et sans idée, ce cœur éteint que tout allume et tout disperse.

Les yeux ouverts, la pièce calme, ils annoncent la liberté, ils défigurent le destin, là, posé au bord, du champ de bataille et rien seulement se montre, sur l’horizon un point en fuite, une tendresse partagée, une absence.

IV

Toujours sincère, des raisons, des cieux éloignés, tu te reprends et tu tiens, la main ferme, les rochers, les eaux vives, la sueur à ton front, ton horizon ouvert, un passé sans descendance, des étés morts, des rêves oubliés.

Des noms perdus et sans saveur, ils sont ailleurs, ils sont comptés et tu oublies tout encore et tu retournerais les pierres du champ venu, du champ en pleurs pour effacer, pour éteindre, pour finir avec ces orages, cette vie perdue.

Et tout cela recommence, il en est à comprendre l’oubli et la vanité. Plus de vacarmes, encore, plus d’effrois. Et tout en comprendre sans rien en dire, seulement, à l’horizon, un signe, une passion endormie, un frisson lent.

09 Août 2013.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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