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23 août 2014

Où vont-ils. B, I/II

B, I

Je n’ai encore cueilli de cette vendange, grappes mûres et cachées, et les années ont passé, seul simple et nu, sans objet, sans courage, plus rien au devant et tout à soi, il tourne et je regarde, les fruits les plus mûrs les pierres et les toits, le sable au sol, le rouge est mis.

Il tourne et arrache, simple, seul, et nus les pieds au sol, il tourne et arrache un souvenir dans la lumière, et lui, et la bête, heureux et gentils, un colloque sous la lune, ils avaient convoqué la vie, ils ont tenu le cœur et l’âme, le corps jeté au devant, dans l’ombre bleue toujours et la peau claire, tout est lissé et retenu.

J’en avais à peine une image, un sourire pour longtemps, un rêve, une joie, tout dure et pour, maintenant.

La vie, les habitudes, tout est tranché et tout meurtri, ils sont seuls et ils tournent, pieds nus et simplement seuls, est-ce cela la certitude, les yeux au ciel, la bouche ouverte, une peau à jamais claire et tendue, tout tourne sur le sable, et jaune et gris et rouge, dans l’escalier, dans les étangs, tout tourne et arrache la faim, la soif.

Tout serait étanché, il se retourne, il recommence, les pieds au sol et nus simplement, tout tourne et peut être volent les grappes mûres, les pieds levés, il demande, en est-on à la certitude.

Les images, le pied lancé, le sable rouge et jaune et gris, tout vole et tout est changé, peau de velours et cœur d’acier, il vole à son habitude, il se referme, il est enchanté, les pieds au sol, la bouche ouverte, il en est au loin, il revient, vite et bien, il recommence, la vie balance à chaque pas.

Toujours une image plus jeune, bien, plus tard, tout recommence, pieds nus dans la rue, sous les balcons tout serait grand et beau, à cueillir enfin, vendange mûre et cœurs contents, les pieds au sol, la bouche ouverte, et attendre ainsi la lune et le ciel noir.

Tout est lancé, tout est à prendre, les grains, le sable et les regrets, ils sont perdus, ils dérivent, tout brise et tout percute, les pieds, les cœurs, la vie démontée, les jambes nues, les pieds lancés et reconnus.

Il est à sa fleur juste, juste, l’orée bientôt franchie, les jambes nues, le regard vide, il remonte un drap, il n’a pas de ceinture, les jambes nues, la bouche ouverte, dos en griffures, il est entré dans le combat, la vie volée, la certitude, le mal venu, le rejet, il en est à la clôture, et vite, vite, tout va fermer.

Trois marches dans l’escalier, trois pas devant, il tourne et arrache du sol le pied, le sable vole, il est posé là, dans le temps, le bien venu, le très content.

Envolez vous, arrachez vous, et fuyez un monde de certitudes, d’usages, envolez vous et recommencez, regards pénétrés et constants, dans la rue, dans l’escalier, toujours devant, toujours heureux, il tourne et convoque la lune éternellement.

16 Août 2013.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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