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25 août 2014

Où vont-ils. A et B

 A, I

L’air dans la cour, un bienfait pour une éternité de troupes égarées les flancs battus et dévoilés.

Il se repose et pourrait voir la vie avancer, il en est à moins de force et moins d’attente, tout est désirs et trahisons. Franchement viennent, cette liberté, les saisons étalées, la peur recommencée.

Il est en avance aussi, les combles sous le toit et les tuiles disjointes, il se repose et tout pourrait, aussi, ainsi, encore et quand même, s’arrêter. Faute à la faute, ils sont en troupe et ils espèrent des victoires, des sacs pleins, des monceaux. Rubans, salamandres et chenilles, tout en avance, le soleil est caché, cette vie respire.

Avale l’air, repose un peu les doigts et joins un oeil au vent.

Ils sont en troupe et tout avance, ils arrachent, ces vieux coqs longs à cuire et il en tourne, l’air, et ils abusent du tremblement, de la fermeté, ils en sont à attendre.

Entendez-vous, entendez-vous, les cris, leur joie, tout est en avance, ils sont à la bataille et plongeront en fin et quand même. Leur refus, la suite au bout des yeux, tout est à venir et ce qui doit sera. Pour fin, au bord des flots, dans la chaleur, tout reviendra, et posés et las, ils pleureront, les anciens, les bannis.

Envolez-vous fraîches colombes, tourterelles simples et tranquilles, offrez au monde le meilleur, ils vont à la bataille et nous compterons les blessés, nous serons les gardiens, les aveugles. Ils sont sans mémoire et nous tenons les boucles du cordeau, envolez-vous oiseaux aimables et tendez le ciel du petit cri des flammes.

Oiseaux oubliés, vous êtes, étrier et marteau, les outils au ciel même, entendez-nous, entendez-nous, enclumes au sol, sous l’air. Il passe et tout appelle, revenez et voyez, entendez, entendez, la vie passe en avance, ils vont se battre, ils vont arracher les pierres et les tuiles, un pan, un pan et au soleil une ombre, leurs yeux sont effarés, la courbe recommence.

Avec le temps à commander, la chaleur à voir venir, ils tiennent et enlacent les faiblesses, le cœur, la vie tournée, les habitudes. Au soleil, dans l’air bleu, trompés, ils fuient l’herbe sèche. Revenons, revenons, le temps est loin, la ligne est noire, les yeux ouverts. 

La chair est vive, rubans et ficelles tout est à rompre et cacher. La vie menace, la mort y vient, ils sont à consoler, à bientôt et plus loin. Pour dire : seulement que tout se montre et sèche l’horizon, le ciel est à la menace.

L’orage est là, il faut rentrer.

A, II

Attirez-vous, voyez-vous, oiseaux sans parenté, bruit sur le dos et gorges rouges, vous êtes à l’infini les plus petites des volontés, vous fermez et soutenez un mur de lierre sombre, vous servez le temps et vous montez, vous montez à chaque nid, à chaque histoire, au temps compté, où la vie presse, vous effarouchez les enfants et vous fermez sur le retour la porte noire des inquiétudes.

Cœur ébloui, corps sans serrure, vous joignez les cieux au sol et le sacrifice à la ramure, tordus et balayés de vent et de mystère, vous êtes venus et vous contemplez, ils soufflent, soufflent, forts et durs, le drame, la guerre, l’orage.

Tout monte et suit votre signe, le vent, la guerre, la misère, tout est retenu et tout est dit, il faut entendre, et tout murmure, et tout plaint, et tout grince, le bois, les dents, les arbres au ciel. La vie tourmente, le corps se brise, il est fini le bel espoir, ils tournent et se déchirent, tout est à craindre et tout endort.

La mer, les vagues et les chansons, ils sont à craindre, tout va finir, les yeux, les mains, le cœur et l’ombre, tout est caché et tout en tension, il faut entendre la grande plainte, ils vont se battre et sans regards, une seule voix, un seul remord, ils chantent et tout détruisent, ils veulent des yeux en pleurs, des éclats, des blessures, de la haine, du jasmin écrasé.

Aux yeux, aux oreilles tout est forcé, tout est certain, la mort, les pas, les armes, ils veulent tout brûler.

Petits, petits oiseaux des branches, des troncs, des ornières, des berges, protégez les, protégez nous, ils en sont à la découverte, au mal à supporter, à la bataille, à la lèvre ouverte, le sang coulera dans leur joie et noire et rouge.

Ils aiment, petits oiseaux, la violence et l’ennui, maisons perdues, clôtures ouvertes, ils vont tout fermer, tout salir, tout reprendre et tout compter, il en manquera toujours un à table, la vie est ouverte, la chasse est promise.

Ils se déposent et tout les enivre, ils sont à la proie, à l’ombre, aux regards durs, aux mains, doigts fermés, des armes, des âmes à reprendre, des chairs lacérées, la jalousie, le froid, la faim, réclament un sacrifice, les yeux ouverts, la voix serrée.

Ils se battront, ils vous arracheront à chaque buisson, petits oiseaux perdus, ils sont, ils sont et seuls et vagues, ternes et brisés. La voix manque, le cœur est lacéré.

 A, III

Du fond du jardin, il tourne et cherche encore, les oiseaux envolés et seuls. Tu es venu et tu cherches, diras-tu le trouble extrême, l’émoi, l’ardeur, tu es saisi de mélancolie et plein de larmes, tu harcèles le jour qui meurt, le ciel est voilé, le corps est dans l’ombre, la main est perdue dans le plus petit des coins obscurs.

Tu tournes et tu tiens sur le front l’avenir, la plus grise des certitudes, ils se battront, tu brûles ta main au ciel et tu oublies le bleu et l’espace. Ils sont petits et tout te meurs, tu rêves et tu te présentes, au cœur une eau amère, un regard froid, la vie se comble, la misère est en chemin.

Tout va trahir, tout se brisera, ils vont avoir besoin, bien et mal entendus.

Cesseras-tu de regarder, ils en sont au commencement, bras et pieds plantés, une gerbe de boue, tout sèchera, tout fanera, ils sont perdus et tu avances, pour dire le droit au tordu, les passions mêlées, la liberté en oubli, la grandeur envolée.

Il restera à replanter, la vertu, le calme, pour un peu de fraîcheur et pour se voir enfin bercés. Ils en veulent et tu auras, du sacrifice et de la peine, des cailloux aux yeux, des serpents dans la bouche, sans cesse, sans oubli, sans devenir, sans rien au ciel, des branches mortes, des bras arrachés, des larmes, des yeux perdus.

Là-bas depuis toujours, la même goutte d’eau retombe et tout ici vit au présent, sans rien en tête, rien devant, un avenir d’enfants tués, tu te devines, tu te caches, tu retires le cœur blessé, seul, tu deviens et fragile, sans force, sans.

Étrangement tu traverses les yeux secs, une vallée, ton jardin est immense, yeux secs, bouche fermée, les herbes sèches, les fleurs fanées et rien, oh, rien, ne se montre, seulement. Au chant des batailles et de l’abandon, tout en rochers et tout en épines, ils sont secs et raclent, les doigts perdus, les coudes sales.

Tout y vient et tout en viendra du champ et des batailles, libres et nus et dépassés, sans rien autour, sans joie, tout en épines et tout en sang, les yeux ouverts, il viendra bien le temps du retour. Cœur obscur, corps absent, tu chantes, pour tous et pour personne, terre, terre éplorée et perdue, au devant, l’âme tarie. 

 A, IV

Nous serons là et nous les soignerons, mais, s’ils le veulent, qu’ils se battent.

13 Août 2013.

B, I

Je n’ai encore cueilli de cette vendange, grappes mûres et cachées, et les années ont passé, seul simple et nu, sans objet, sans courage, plus rien au devant et tout à soi, il tourne et je regarde, les fruits les plus mûrs les pierres et les toits, le sable au sol, le rouge est mis.

Il tourne et arrache, simple, seul, et nus les pieds au sol, il tourne et arrache un souvenir dans la lumière, et lui, et la bête, heureux et gentils, un colloque sous la lune, ils avaient convoqué la vie, ils ont tenu le cœur et l’âme, le corps jeté au devant, dans l’ombre bleue toujours et la peau claire, tout est lissé et retenu.

J’en avais à peine une image, un sourire pour longtemps, un rêve, une joie, tout dure et pour, maintenant.

La vie, les habitudes, tout est tranché et tout meurtri, ils sont seuls et ils tournent, pieds nus et simplement seuls, est-ce cela la certitude, les yeux au ciel, la bouche ouverte, une peau à jamais claire et tendue, tout tourne sur le sable, et jaune et gris et rouge, dans l’escalier, dans les étangs, tout tourne et arrache la faim, la soif.

Tout serait étanché, il se retourne, il recommence, les pieds au sol et nus simplement, tout tourne et peut être volent les grappes mûres, les pieds levés, il demande, en est-on à la certitude.

Les images, le pied lancé, le sable rouge et jaune et gris, tout vole et tout est changé, peau de velours et cœur d’acier, il vole à son habitude, il se referme, il est enchanté, les pieds au sol, la bouche ouverte, il en est au loin, il revient, vite et bien, il recommence, la vie balance à chaque pas.

Toujours une image plus jeune, bien, plus tard, tout recommence, pieds nus dans la rue, sous les balcons tout serait grand et beau, à cueillir enfin, vendange mûre et cœurs contents, les pieds au sol, la bouche ouverte, et attendre ainsi la lune et le ciel noir.

Tout est lancé, tout est à prendre, les grains, le sable et les regrets, ils sont perdus, ils dérivent, tout brise et tout percute, les pieds, les cœurs, la vie démontée, les jambes nues, les pieds lancés et reconnus.

Il est à sa fleur juste, juste, l’orée bientôt franchie, les jambes nues, le regard vide, il remonte un drap, il n’a pas de ceinture, les jambes nues, la bouche ouverte, dos en griffures, il est entré dans le combat, la vie volée, la certitude, le mal venu, le rejet, il en est à la clôture, et vite, vite, tout va fermer.

Trois marches dans l’escalier, trois pas devant, il tourne et arrache du sol le pied, le sable vole, il est posé là, dans le temps, le bien venu, le très content.

Envolez vous, arrachez vous, et fuyez un monde de certitudes, d’usages, envolez vous et recommencez, regards pénétrés et constants, dans la rue, dans l’escalier, toujours devant, toujours heureux, il tourne et convoque la lune éternellement.  

 B, II

Parler, parler, pour tout cacher, un drap pour une jambe, un mur pour un aveu, une étoile pour l’habitude et un enfer pour un présent.

Il se forme, il engrange, il se repose et reparait, tout est franchi, en tout il est sans armes, sans murs, sans raisons, sans rien au sol et tout portant, il se dépose, il se démène, il frôle la vie, les gestes, la volupté.

Ils se défendent, ils se rangent, tout est prévu, tout est tentant, ils se reposent, un bâton à la main, une fleur dans le cœur, ils s’avancent, on se concerte, on parle fort et pour tout un, on ne dit rien, mais on s’amuse, les jambes nues, la bouche ouverte, on court sur le sable, dans le temps clair, bien comme avant, dans l’entrée.

Le soleil, l’air et l’eau, le feu aux joues, la bouche ouverte, les jambes nues et le pied posé au sol, on tourne, on pense, on se concerte, on tend la joue, la main, le cœur, un drap sur la jambe, le cœur content, la bouche en fleur, et rire, rire, essayer de tout comprendre, la vie, l’amour, les cœurs heureux, la suite, la course, le temps passé, le regard clair, sur la poussière, sur la bouche.

Un mensonge pour tout cacher, mais on croise les doigts dans le dos pour tout effacer, pour comprendre, la vie, l’amour, la mort, les cœurs, les jours heureux, tout avance, les bateaux, les oiseaux, tout vibre.

Je supporte l’attente, rien ne viendra, rien ne sera, de plus, de moins, tout est là, posé et tout pourrait flotter, tout pourrait voler, tout pourrait se prendre, sans tri, sans armes, le cœur ouvert et la bouche contente.

Le sel, les fleurs, le sens précis de chaque chose, la vie commencée, le temps prévu, il fait et beau et calme, les jambes nues traînent au sol, un drap tiré, une émotion, la peau est claire et le temps change, tout est prévu, tout est donné, les yeux, le charme, le sourire. Au devant, ils attendent.

Il est venu pour dire tout et il se tait, les yeux fermés, la bouche ouverte.

Plus loin, plus loin, la vie achève et ils tombent sur le sable et on a écrit sur sa peau, sur son cœur, son nom seul et son âge et son temps, il finira peut être, et seul couché dans un drap blanc, deux trous ou trois ou plus.

Bercez, bercez, tous ceux qui courent, et remontent le drap sur leurs jambes nues, du sable sur les blessures, du savon sur le cœur, parlez, parlez pour tout cacher, pour ne rien dire. Mais où vont-ils, ils couraient heureux sur le sable.

16 Août 2013.

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