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18 mars 2014

Fleurs fanées.

Pour arriver dans la pente, les yeux noirs, le cou rougi, pour la récolte, semaisons envolées, rêves arrachés aux griffes sombres des rochers, écrins surgis et coquelicots au bord, la route noire franchie, il reste en ce moment des lunes aux flambeaux, des confidences. Le drap est lourd, trop chaud,

fenêtre ouverte à la nuit, ils y songent hélas ceux-ci, ceux-là, ces frères endormis à la paille, tout brûle au bord, au bord la route retient, il ne faut. Il ne faut ni maître ni saison, et rien envers le temps et rien sous les outrages, telle sorte, tel ennui, ils affolent, ils enclenchent et tournent devant

et perdent, au côté les fleurs évanouies, coquelicots envolés. Il ne reste rien de tout et tout, au tout, retourne. Fleurs fanées, tenues aux bras, aux mains, sous le pied trop lourd, sous le temps qui efface, ils comptent chaque grain, ils piquent et dépiquent, andains flétris et chardons emmêlés,

tout tourne et tout brûle. Il souffle, souffle le vent de l’éternité, pétales envolées, chardons écrasés, sous le pied d’un pas trop pressé, d’une ardeur qui mange ici le grain trop vert, qui écrase aux doigts noirs le poivre et l’aneth, temps fleuri, temps passé, tout tourne autour des yeux, regardés,

en face et pleurs à peine effacés. Ils sont sur un pied, ils tournent sur la pointe, le temps reviendra-t-il des émois, des erreurs, le cœur enrubanné, la voix sous les écorces, insectes de l’été grattez, grattez et troncs et branches, tout s’envolera et tournera dans la fumée, le chemin brûle, la vie

les tord en flammes et drapeaux. Ils chantent et recommencent, un tronc blessé, une branche après l’autre, ils cueillent le souvenir de la rosée, le matin s’est enfui, la vie tourmente. Ils grattent et résonnent les insectes, les cœurs, la vie, de branche en branche, la vue en face, les pétales nacrés,

ils volent et ils pensent, la vie tient au souffle. Il souffle toujours là, le vent de l’éternité. Volez, rêvez, joignez vos ardeurs aux insectes, ils grattent et rebattent sur l’écorce le souffle d’éternité. On mange ici le grain trop vert, au bord, la route les retient, frères endormis, la paille, brûle.

27 Juillet 2013.

07:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Mille mercis avec un "s", c'est fait... ;-)

Écrit par : Maria-D | 19 mars 2014

"Sur une table
Des fleurs fanées
Si vulnérables
Si condamnées

Le portrait sombre
D’amour défunt
Où passe l’ombre
Nue de la fin

Dans l’aube triste
L’écho de voix
Sons qui persistent
Qui se fourvoient

Le jour efface
L’odeur des corps
L’instant fugace
Est déjà mort

Larmes qui coulent
Sur le parquet
Le temps s’écoule
Sur le bouquet."

Martin Codron


http://martincodron.canalblog.com/

Écrit par : Maria-D | 25 mars 2014

Très beau texte Michel

Écrit par : if6 | 26 mars 2014

Les commentaires sont fermés.