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10 mars 2014

Nous, eux, singuliers et pluriels.

Nous en sommes, nous y sommes, nous y serons, à la mer, la mer commencée toujours, au calme sur les rochers et aux vagues sous les nuages, les oiseaux. Apprenons à voler, entendons bien la marche, le chemin faisant, la pierre sous le pied, les yeux au ciel, les bleus de l’âme à la bouche.

Incertains et  sans attaches sur le sentier, roulant le pied aux cailloux, ils se tournent et détournent, défont et pointent au ciel, au bleu, à l’horizon de pierres entassées, de fermeté dans la chaleur tout sèche. Et se construisent et se défont, un peu en haut, un peu en bas, pareils au soir qui vient.

Aux cailloux, genoux écorchés, et chair percluse, bras en croix, tenduss au soleil, au vent, aux nuages, ils couvriraient les yeux et chanteraient un nom, un nom, une étendue loin du sable, aux rochers attachés, les yeux perdus et vagues, inconscients, assoupis sous les rayons, ils tournent, ils s’étirent.

Un bras, un doigt, une main pleine, jour trop grand, cœur perdu, effacé, sous l’orage tout gronde, et tout revient, il faut sortir, il faut entendre, le cœur qui bat, qui bat la joue, chaleur sereine, les pieds tendus, tout roule sur le rocher, de frissons en frissons. En agitation sur la terre, il faut finir, il faut.

Venir et dire et tenir, le souffle, le souffle chaud, tout brûle et se comprend, tout est tendu, tout recommence, frissons, fièvre et fraîcheur saisie, un vol, un oiseau, un éclair, une ombre, un pied tendu d’un rocher à un autre, tout se comprend. Et tout entendu, comprenez vous, voyez, vous entendez.

Vous le pied tendu sur la pierre, les membres sourds, trop tendus et trop serrés, souplesse évanouie, tout explose au côté, le cœur tendu, la joie immense, ils se refont, ils se déposent, ils offrent au ciel un cœur d’encens, de myrte et de plumes, oiseaux blessés, cœurs ignorés, de l’oraison.

Du grand au petit, à la rayure, ils se défont et parlent au ciel, ô, ne plus mourir pour tout entendre et garder tout, les yeux, la force, et garder encore un peu d’oreille, un peu de son, entendre ce qu’on écoute et avaler, œil perdu, corps présent, cœur endormi. Tout sombre et tout s’entend.

Dans le matin, dans le présent, le corps ému, la vie avance, ils chantent pour voir, entendre et dire, ils se retirent, ils  sont partis, ils tournent trop, ils se composent un cœur. Il faudrait apprendre à voler, il faudrait entendre un pas après l’autre, roulant le pied aux cailloux, ils se tournent et détournent.    

27 Juillet 2013.

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