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23 novembre 2013

Semé et noué. 4/11

Ils sont en évidences ils tirent sur leurs peaux trop noires, trop exposées, le soleil détruit et peu à peu le voyage s’organise, un par un, une par une, petits morceaux et petites mèches, envoyés au vent, au temps. Les eaux, à la surface tout est posé, tout accueille les ramures, les voiles, les vêtements.

21 Août 2012.

10:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

"le monde n'est plus rien qu'un socle d'herbe et d'ombre soutenant sous le ciel la rigide frise de froment que le corps à demi nu divise et tranche pas à pas. l'homme a la tête dans le ciel et les pieds durement pressés contre la terre craquelée. Il avance une jambe, une indistincte créature à son flanc chancelle et se couche lourdement sur le côté ; il avance l'autre jambe, un autre pan de paille s'effondre d'un seul coup. Le monde tout entier est fait de deux couleurs superposées : une nappe fauve, une nappe bleue ; l'homme est fait des mêmes couleurs, plus denses et plus douces : hors de l'étoffe bleue, et les reins ceints de la ceinture de cuir où s'accroche la rouge gaine du coffin de métal, le corps fauve jaillit dans la plénitude de sa force, plus sombre à peine que les épis. il y a une tache de ciel aux épaules et quand tu tournes vers moi ton visage, la poitrine traversée d'une oblique lame étincelante, un bras puissamment ployé contre lui-même, ton regard, frère, c'est encore le même azur."
Gustave Roud / Halte en juin / Fata Morgana p.29et30

Écrit par : Maria-D | 23 novembre 2013

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