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12 octobre 2013

Dans l’escalier tout résonne.

Dans l’escalier.

I. 

Ils chantent tout est léger, léger. Âmes assises, cœurs perdus et lourds, lourds de sombres habitudes, abattus et cerclés sur le sable. Au soleil, le ciel se tord, ils chantent et lourdement, ils enfantent des servitudes noires, des passions acres, du renoncement.

A chaque pas, dans l’escalier, dans la tourmente, le corps nu, la vie voilée, ils se lancent et ils accrochent des oriflammes aux oiseaux levés. Sur chaque marche, sous chaque pas, il y a du sable et des renoncements, à chaque pas à l’envers, la paille est sans grain. Ils reniflent et raclent, le col tendu, la bouche amère.

II. 

Ils sont à entreprendre en reculant, en signant sur le sable des soleils, des vagues sans tremblement.  Sans oreilles, ils ne comptent pas, sans doigt et sans artifices, ils sont au devant et renâclent, les pieds usés.

Cette jeunesse est en peur effleurée de panique, ils se renversent en croix mêlés, en déraison, en courses noires, en obstination, le cœur percé, la bouche en cendres, ils mordent, mordent et ne font rien.

III.

Ils sont figures sans attaches, ils sont au sommet et sans branches, la bouche torse, les yeux mouillés, rien ne distingue, rien n’est accompli, il y a une odeur de peur, de silence et de vide. Dans l’escalier leur vie tourne au contact, à l’insomnie, aux élans vains.

A la suite et dans le ciel, ils chantent, tout est lourd, tout est mort, les cailloux, la paille, les animaux, ils bercent leur monceau de cadavres, leur flot de sang et de, de, diriez vous : ils insinuent, ils tremblent trop.

IV. 

La vie rongée, le sang noir, le cœur étrange, devant la peur, en peur, le temps compté, la voix éraillée, ils sont lourds de sainteté, de rêves éclatés, la frayeur les enfante, ils ignorent et ils en sont. Sur le toit, jetés sur le devant de chaque tuile, sur les épines.

A chaque buisson, ils ont griffé leurs noms, ils sont étendus et sans rien, ils se répandent, ils sont en haine, enfants perdus et nul ne trouve la clef pour ouvrir les cercueils, le feu pourrait. Le temps efface et tout irai dans l’escalier se cacher, sous chaque marche se répandre pour tout achever et finir là, finir loin, et brûler chaque idée, chaque son, chaque odeur. Tout est venu, le rien aux branches, la certitude.

V. 

Ils sont du lit des ancêtres, du nid rempli, fils de fils, sans savoir, sans comprendre, sans tout entendre, à balayer de la main, du pied, les beaux visages, les cœurs levés.

Tout tourne et tout s’enfonce, le temps est lourd, la vie est laide, les escaliers crissent au pied, ils brûlent les infamies, les orties, les lois, ils s’achèvent à chaque marque. A chaque borne ils posent un nom, oiseaux perdus dans le malheur ils ont peur, ils en sont fous.

VI.

Ils durent et deviennent des dents noircies, des peaux raclées, des songes noirs, des rires sourds, des pas perdus dans l’escalier. Dans la montée ils entendent la fin prochaine, les yeux tournés, la peau éclate, le rire est sombre, ils se répètent, ils sont à geindre et appellent d’abord les mères absentes, le temps perdu, le mépris et les convulsions.

Ils sont au bord et au bord ils regardent les gouffres secs, le trouble, vieux perdus, histoires anciennes, évidences incontrôlées, le rire creux, la vie amère, où êtes vous visages aimables, cœurs innocents, joie et force mêlées, on tient ici un lourd colloque.

VII.

La peur, la peur et de tout il faut en charbonner et déchirer la vie et rester seuls et pauvres et voir toujours les autres au loin et sans retour. En charbonniers ils se croient maîtres dans la maison et dans l’escalier ils traînent et pauvrement sont condamnés.

On espérait la légèreté,la vie, la joie et la clarté, et tout tombe, ils sont perdus.

14 Août 2012.

 

Résonance à " Dans l’escalier."

I.

Les voix s’élèvent. Âmes légères, cœurs en croix. Une joie de chaque instant s’inscrit sur le sable. Le ciel essore son bleu, le soleil l’inonde. Les voix du ciel disent le rose et l’argent, les lambeaux clairs. La nuit en fuite.

A chaque lune, à chaque marche, l’orage gronde, les corps se nouent, la vie se voile et ils s’enlacent, accrochent l’ancre au cœur des flammes. L’oiseau en feu s’envole rouge, le sable en sang se gorge d’air. A chaque pas sur le sol noir tout semble entendre l’âme qui s’élève.

II.

Ils avancent et se fraient un passage, boivent de grandes goulées de sable et de soleil. Les vagues sèchent leurs lèvres, larmes de sel. Oreilles ouvertes au fond de mer, les doigts s’accrochent au vent du large. Pieds en étoile, la mer se signe.

Les enfants jouent, effleurent la mort et se relèvent, mangent la vie. Poitrine ouverte ils prennent le ciel, les bras en croix, les âmes offertes, la déraison au creux du cœur. Dents blanches et fraiches, morsures de l’âge.

III.

Ils sont le ciel, des immortels. Ils sont enfants au bout des branches, cœur aquarelle, bouche en marelle, et yeux de sel. Silence blanc, rien ne susurre, l’air est de miel. Sur les marches le temps s’assoit, griffe la paroi, effeuille la rose des insomnies, la bouche en croix.

Le ciel s’ouvre, le noir flamboie, les voix insistent et puis se noient. Pierres célestes, fétus de joie, l’oiseau les berce, couffins de soie. Les enfants tremblent, s’accrochent au monde, à leur vie d’ambre.

5 octobre 2013

IV.

La vie ronge son frein, cœur serré, enlacé dans le passé, temps codé, frayeurs enfantines. Ils sont âmes grises en conversation avec les anges. Primitive présence, sans laquelle la paix collabore dans le cœur et l’épine.

A chaque phrase, ils scrutent les mots, ils sont ouverts et sages, nus, ils s’émiettent et se courroucent. Enfants terribles aux griffes acérées.  Boites sacrées où reposent les ancêtres, inviolables et secrètes. Le temps s’efface de la grande roue, spirale éteinte, carbonisée. La fin est proche, cœur en émoi du jaillissement premier, tout se termine, tout se consume. Fleur insipide à la branche de vérité.

6 octobre 2013.

V.

Ils sont du même sang, de ce lit des anciens, fils du premier, fils jusqu’au dernier. Sans le savoir ils sont princes, ils sont rois, ils sont le cœur en croix. Beauté simple et sincère.

Tourbillon de la vie, noyade incontrôlée, le temps est un étau, la vie parfois hideuse, ils s’enlisent les pieds. Ils brisent les injustices, les mauvaises graines et les ordres insensés. Ils écrivent la vie. Leurs noms sont des douceurs qui épongent leurs peurs, oiseaux de bon augure dans la nef des fous.

7 octobre 2013.

VI.

Ils sont immortels, dents longues, cheveux de fils, et peau d’orage. Ils rêvent aux fruits juteux, parfums d’aurore et de vermeil. Dans la spirale ils attendent, griffent l’œil du destin, éclatent de rire, appellent l’absente, le temps enfui, l’âme qui veille sur le chemin. Le cri des hommes, appel impudique des gorges sèches.

Ils frôlent le monde, la lisière obscure, les remparts si hauts des citadelles sonores, bouches écrites et rires des nuits anciennes. La vie est incisive, les visages sont de pierre, les cœurs de poussière, la joie est une force que rien ne peut détruire.

8 octobre 2013.

VII.

La vie est charbonnière, la peur une étincelle, déchirure de la phrase, la pauvreté de l’être, de l’autre et de l’ancêtre. Artisans du mensonge, ils se croisent et se disent, et se brisent dans la roue infernale.

La vie est une plume, une vérité intime, une joie de la lune, elle tombe sur la phrase et ressuscite le mot.

09 octobre 2013.

Maria Dolores Cano

10:00 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (0)

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