12 mai 2009

De brouillard simple.5/7

Il est prisonnier sur le pavé, sur la terre mouillée, sur le ciel gris de brouillard trouble, sur la certitude du mal qui vient, qui va, qui retourne le chemin dans un autre sens, dans la confusion, dans l’errance. Il est perdu et mouillé, les gouttes glissent sur la tête, sur le corps presque trop vêtu, couvert de coton, les doigts plein de terre et d’amour et d’attention pour ce qui tourne autour de lui, autour des autres, autour du vide, autour du toit, la maison coule sous l’averse.

4 Mars 2009.

11 mai 2009

De brouillard simple.4/7

Il est penché sur les souvenirs, sur le repos, sur les absences, sur le temps perdu et fini, sur la terre si gorgée d’eau, de trouble et de manque, d’erreurs fatales et de cerceaux.

4 Mars 2009.

10 mai 2009

De brouillard simple.3/7

Il plonge, il a plongé, il secoue fort les branches, les gouttes volent sur la main, les feuilles sont poudrées d’attente, le temps sèchera il les pleurs ? La pauvreté par ici moissonne, le temps sèchera-t-il les pleurs ? La nuit viendra sur les oiseaux, sur le cœur, sur la remontrance, sur l’échancrure entre le cou et le coton, la peau à nu frissonne et s’ouvre, les erreurs glissent et se prennent entre les doigts, sur la poitrine, le brouillard accroche le jour, il frissonne et se retire, il reprend vie et il attend.

4 Mars 2009.

09 mai 2009

De brouillard simple.2/7

Après la confusion, le renouveau, la mort, la vie, le bien et le sarcasme, il fleurira, il est pourri, il moisira sur le pavé, il est au bord, il est trop haut, le brouillard tombe sur les fleurs, sur la terre, sur le chemin, dans le cou, sur les épaules, il pique aussi un peu le nez, il égratigne la tête, il reprend sur le bord du toit, les oiseaux penchés en attente.

4 Mars 2009.

08 mai 2009

De brouillard simple.1/7

Voilà, il plonge, au ciel penché, dans le brouillard, les gouttes sur le bois. Tout va gonfler, tout poussera, tout fleurira. Il semble encore, il semble encore y parvenir, sur le bois mouillé, sur le cœur assoiffé, il semble s’y rassembler, il est sur le plus haut et tombe de l’eau tiède sur le bois mort, sur les carreaux, sur le temps petit et avare, de la coulure, du rien, tout en avant, il fleurira sous le soleil ce bois perdu, ce bois penché, écrasé de brouillard clair. Le meuble en bois mort et en poussière de temps passé, le meuble pourra-t-il fleurir ?

Il est posé sous l’eau qui tombe, il est perdu pour la maison, la gorge pure se resserre, il est perdu et sans frisson, sans rien autour, sans rien dedans, sur le pavé, il glisse et tremble, il fleurira, il sera vert, il pourrira sur les pavés.

4 Mars 2009.

07 mai 2009

Il est broyé.

Un rouge immense envahit le sentier et ferme le jour et ferme la marche, il est repenti et perdu, il enferme dans son œil l’ombre descendue, il respire le soir et choque l’attente sur ses dents. Emporte le bien loin, emporte le bien haut, vent qui déchaîne et broie, il est à aérer, il lui faut respirer, le souffle est court, la marche l’a fourbu, il retient dans son cœur le reste de la vie, une moitié de peine, une remise sur le du, il prête et engage et son nom et son âme.

Il respire plus fort, il est broyé de larmes, les oiseaux le harcèlent, le temps faiblit un peu, il est à genou sur les pierres dures, il est perdu dans rien, il respire plus fort. La volonté le tient, l’espérance le mène, le rouge a envahit sa vie et son ardeur. Il renouvelle la sienne. Il racle le fond du sac, il effiloche ses habitudes, il est rendu au loin, il renonce bientôt. Un carré tient la route, le carré le renverse, il franchit en deux pas, en deux pas, un monceau de ruine.

Il cherche des cailloux, il trouve des gravas, il cherche pour caler les murs de son jardin, il construit des erreurs, il poursuit des fantômes, il arrache une herbe, il trousse un tour de main, il définit la peur, il engrange l’orage, à corps perdu, à cœur à l’aise, il défend au sommeil de rendre son arrêt, la mort le cueille au détour du sommeil, il mêle sans cesse le vrai et les mots perdus. La chemise bat son flanc, la ceinture perd son poids de volupté.

Il arrache au sommeil des herbes, il retire une à une des pierres au chemin. Il avance et se noie et résiste, la mort le cerne, il tombe dans son sommeil, il se noie et refuse, il chute dans le noir, le cœur au bord du toit, il berce sans trembler ses illusions secrètes, il change à tout moment son bâton de la main à la main, du temps au temps, il fredonne et renaît et recommence, chaque pas est une naissance et chaque jour le mène au même endroit secret.

Il franchit en pensée le pont, il va attendre, il franchit et s’arrête et il commente encore la marche, le pied tordu sur les cailloux, les chemins tournent, tournent autour de son refuge, il étrangle toujours dans sa mémoire un mot, un son, une pensée perdue dans le rouge immense, il pénètre le vide et rend au très haut un culte et un hommage, inutiles, inutiles. Le jour ferme le temps et ouvrira la nuit, le rouge est plein,  il est essoufflé, perdu.

Les illusions secrètes remplissent son courage, teintent son ardeur, et de rage et d’orgueil et d’attente blessée et de verdeur fanée, la vie coule de ses doigts, de ses doigts, il s’essouffle et contemple, le rouge, le rouge, la fin du jour, le premier soir, le silence venu, les oiseaux le harcèlent, il est perdu, il est fourbu, il retire une à une les épines à ses mains, les herbes dans la pente, il veut croire et revivre et porter l’avenir et défendre plus son extrême silence.

Il est fourbu et écrasé, de rouge et de soir venu, de silence et d’attente.

3 Mars 2009.

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