« lun 24 mar - dim 30 mar | Page d'accueil
| lun 07 avr - dim 13 avr »
06 avril 2008
Ils étaient ils. 4/7
Ils se perdent, ils sont enfuis, ils se séparent et recommencent et finissent sur la défense, dans l’air du jour, du soir, du rien dans le vent qui tourne et complique le sens des feuilles, en écorchures. Ils se tournent les uns, les autres, ils sont mêlés et sans parures et luisants, nus sous les feuilles noires, et en tremblant, ils se balancent sous les branches, ils se disent et recommencent et frémissent sur les chemins. Ils sont perdus et ils se noient et ils se content et enjambent le passé lourd, la mort des gens, les blessures. Ils ont des genoux et des entailles, et ils se penchent sur le temps, au bord du soir, au cri du vent.
12 Février 2008.
10:10 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
05 avril 2008
Ils étaient ils. 3/7
Ils ont les yeux bien hauts, et l’air malin et ils déroutent et chantent, sur le bord du temps, les chansons de pluie et de chevaux dans le pré. Ils achèvent, ils contemplent, ils énumèrent et envisagent, et ils fuient sous le ciel changeant, le tonnerre, la voie si pleine et sans entrave et alléchante. Sous le ciel, ils sont sans trembler. Ils cherchent l’issue, le pas si lent, la course calme, les effets de mains dans la boue, et ils se sèchent au vent tiède, sur les pierres du bord du temps, sur les averses, sur la rive, dans le grand œil présent au doux sourire.
12 Février 2008.
10:15 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
04 avril 2008
Ils étaient ils. 2/7
Le son est au loin et ils étranglent sans attendre les reflets bleus sur le chemin, sur le devant, dans l’espérance, dans le silence, dans le regret et l’escalade. Ils se défont et vont et viennent et connaissent en y songeant la peur d’arriver, de finir seuls, d’être si grands, si loin, si beaux, et si charmants. Ils se balancent sur le temps, sur le fil, sur les cathédrales, sur l’air pur, sur le souffle court, dans des mares de petites bulles.
12 Février 2008.
10:05 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03 avril 2008
Ils étaient ils. 1/7
Ils sont en boules, sous les rayons, ils se serrent les uns aux autres, tout est brouillé, tout est bridé, les écorchures se reprennent, ils se dégrafent et tirent haut. Ils s’en vont loin sur la dérive, sur le rebord, sur les cahots, et ils se battent sans mot dire. Ils sont unis et pleins, et d’ardeur, et de reconnaissance, et ils se gonflent sur le dos, sur le sol, sur le pied qu’ils lancent.
12 Février 2008.
10:10 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02 avril 2008
Ils remplissent, ils vident. 7/7
Les lèvres pincées écourtent le temps, ils pleurent en silence, sur le dos de la main, sur le pied qui souffre et marque le monde de sa déraison, ils sont pendus, ils sont tristes, ils sont aveugles et fermés sur l'oubli, et perdus dans le monde et chargés du rien qui pèse un poids de planches et de cailloux. Ils remplissent, ils vident, une outre de vent, ils gonflent et se suspendent et attendent des vertiges, des erreurs, des remords, du poids de l'eau dans l'air, du rire sur le sable.
31 Décembre 2007.
10:05 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01 avril 2008
Ils remplissent, ils vident. 6/7
Les mots sont aveugles et sourds, les saisons sont perdues en espérance, la confiance est mortelle, les regrets sont incertains. Il pèse, lourd et bleu et bien pendu sur l'eau, le poids, des sacs de rien, des outres de vent raide. Des filets de sable coulent entre les doigts, sous les yeux, perdus dans le cœur et dans l'ombre.
Il fait froid, il fait du vent, ils cheminent dans l'ombre et comptent les mots sur les doigts, sur le cœur, le bien épanoui et gonflé de terreurs. Ils avancent vers l'ombre et pleurent en chemin, ô que tout est noir, ô que tout cela est lourd et sans rien et sans joie et fermé sur les dents.
31 Décembre 2007.
10:10 Publié dans texte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

