14 mai 2008

Il ne faut dire et faire.

Je ne dispose pas encore de tous mes outils, voici les textes d'ouvertures de ce blog, au mois de Mars 2006.

Il ne faut dire et faire.

Ensemble vers la mer de roseaux et de nuages, les pieds dans l’eau comme des sabots de moire, la bouche en sanglots, la carapace de sucre et de sel meurt sur la langue de silence, danse sur le sol de fange et de boue.

Le mur de dispute est encore à faire.

La laine sur le dos des moutons, se peigne d’un revers de ciel bleu. Des loups rêvent et mâchent sans les voir les os et les nerfs. Le sec et froid du mois du vent et des rafales, rougit la peau qui souffre et s’irrite.

24 Février 2004.

Il frappe fort le vent qui souffle sur un lit qui refroidit.

Chaque mouvement engendre un beau silence qui sonne, tremble et disparaît dans la forêt du rêve enfantin des soldats de fortune. Ils font des cabanes sous les branches, les petits murmurent entre les pattes des chevaux, agrippent au col les pies luisantes de blanc mêlé d’or vert. La terre s’éveille, piquée de violet et de jaune.

Les fleurs se résignent au sacrifice.

24 Février 2004.

A rebours dans le froid et la crainte vivent les corbeaux.

Le vent souffle leurs plumes de froid et d’obscurité, le poil autour du bec commence la chaîne et frotte le blanc.
Ils mangent des cigales et font en piquant fleurir la vengeance et le malheur.

13 mai 2008

Il revient, il revit.

Il faut un peu de nuit pour accrocher au ciel les étoiles, à pleuvoir sur le bois épais et fleuri. Dors sous les arcades, une marche tranche dans les blés une espérance. Les yeux sont fatigués, à l’affût sous les arbres, les cloches abondent dans le panier de la mémoire. Le retour sous les nuages, la faim dans le ventre, une soif de cailloux et une horreur dans le coin. Les cheveux se découvrent et font dans l’air le soir pencher la reconnaissance.

La solitude dans le jardin venté, dans la lumière, bougent les branches et le vaste paradis se transforme et commence une échappée de bien sous un remord de volupté, la branche est agitée et ses écarts sont en mesure, la furie et le cœur se donnent un espoir de retour, un parfum de crainte et de sang. Le vent balance loin les ombres sur le mur, les oiseaux en secret tentent un départ, se retournent sur la branche de figue, les ombres se mélangent et dansent sur le mur, la chaleur à point, grave sur la peau une couronne de traits noircis de vengeance et collés de stupeur, rêverie en silence.

Les grands arbres se couchent dans le calme des dormeurs, la décision est à prendre au plus vite, faut-il encore rester dans cette oisiveté ou gratter sur la peau un rêve de mésanges, une espérance de bonté et d’ardeur, enchanter toujours. Les pauvres sur le tard tordent dans leurs mains sales les cheveux de la loi et du renoncement, la vie se déplace vers les odeurs subtiles et trace sur la peau une ride de plus. Les grandes branches font dans l’air chaud une escorte pour les heureux foncés au soleil, déplacent les rêves et les jours et croisent les parfums de la joie. Le printemps en silence, siffle sous la feuillaison, dore la peau inerte et encore intacte.

Le froid vient de partir et portera au loin son âme de voleur et son cœur d’assassin. Les fleurs se cachent et donnent un adieu dans le secret. Petites fleurs, grimpez sur le mur pour dire sans trembler, il fait bon, il fait beau, le chaud vient à point pour mordre sur la peau et rendre la folie aux charmeurs et le muguet à l’horizon. Il tourne et recommence ce vent qui chauffe le visage et arrache les choses au plus noir du souci, à la plus longue plainte. Le bonheur s’installe et remplit des paniers de fruits à mûrir et de légumes à cuire, la vie est en avance et chante pour les isolés, les perdus, ceux qui ont si longtemps marché dans le froid et l’ennui. Les amants sont cachés et dorment sous le ciel chargé malgré le jour d’étoiles et de stupeur.

Ils tournent sur eux même et donnent aux oiseaux un concert de plaisir et une variation sur le passage du froid au chaud, de la mort à la vie, du poids à la légèreté. Le vent remonte l’horloge et pèse son ardeur sur les feuilles qui tremblent. La vie commence et chasse le regret, les lueurs du milieu du jour dansent sous les toiles, elles sèchent sans effort dans la circulation, l’air apaise et console, les pleurs seront bientôt taris et la mer va ouvrir aux passants ses vagues de sentiments. Les bras sur les épines, les pieds sur la pierre et les yeux au soleil, la nuit se fait et range les démons et les chiens dans la boîte des souvenirs. Après ce beau matin, après ce beau midi, viendra ce soir la lune la meilleure pour dormir dans les draps de la vie.

18 Avril 2006.

12 mai 2008

Une phrase. 15

Sa patience est au bout, son souffle est en alerte.

11 mai 2008

Une phrase. 14

Il est un nom posé entre les cailloux.

10 mai 2008

Une phrase. 13

En avant, en avant,il se lève et joue sur le nom.

09 mai 2008

Une phrase. 12

Il respire et cherche, entre les herbes, entre les feuilles, la trace d'un souffle.

08 mai 2008

Une phrase. 11

Il lui est permis de reconnaître le vol des oiseaux.

07 mai 2008

Une phrase. 10

Toujours muet, presqu'absent, il regarde sous les feuilles.

06 mai 2008

Une phrase. 9

Ils se coupent et avancent, dans la flaque, dans la boue.

05 mai 2008

Une phrase. 8

Il espère le sommeil, dans l'air des oliviers de Bohême.

04 mai 2008

Une phrase. 7

Un et un et deux, ils coupent, le temps et le pré.

03 mai 2008

Une phrase. 6

Eperdu, content, déchiré, il coupe le pré, deux s'éloignent.

02 mai 2008

Une phrase. 5

Il tourne, il cherche, éperdu d'espérance.

01 mai 2008

Une phrase. 4

Un flanc noir, une espérance, il cherche dans le paysage.