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09 septembre 2010

Sans titre, 24 Février 2004.

A rebours dans le froid et la crainte vivent les corbeaux.

Le vent souffle leurs plumes de froid et d’obscurité, le poil autour du bec commence la chaîne et frotte le vert blanc.

Ils mangent des cigales et font en piquant fleurir la vengeance et le malheur.

24 Février 2004.

08 septembre 2010

Sans titre, 27 Février 2004.

L’enfance tient les anges dans une boîte, sous une carapace de plumes.

La ruine traversée sans rame ni sac, effraye l’oiseau qui chante sous les grands arbres et se faufile dans le concert de ceux qui soupirent et s’envolent. Le bal du printemps est ouvert, son carnet plein de souches enflamme les amoureux. Le mois de Mai est un redoutable souffleur de nuits blanches, faire croire que le combat est nécessaire et que la vie vaut d’être. Un élan pousse les enfants, attise leur premier désir, les anciens luttent sous les arbres.

Les chiens gémissent pour entrer, la vérité entre les griffes. Entre l’air pur et l’eau claire, le vol des rapaces, sur place embrasse la terre et les hommes.

27 Février 2004.

07 septembre 2010

Il ne faut dire et faire.

Ensemble vers la mer de roseaux et de nuages, les pieds dans l’eau comme des sabots de moire, la bouche en sanglots, la carapace de sucre et de sel meurt sur la langue, le silence danse sur le sol de fange et de boue.

Le mur de dispute est encore à faire.

Sur le dos des moutons la laine est peignée d’un revers de ciel bleu. Des loups rêvent et mâchent, sans y voir, les os et les nerfs. Le sec, le froid au mois du vent et des rafales, rougit la peau, elle souffre et s’irrite.

24 Février 2004.

06 septembre 2010

Sans titre, 23 Février 2004.

Que l’on cueille un brin d’herbe, et le soleil sourira dans l’ombre qui l’enferme. Le choix, un arrêt, une escapade, un tambour funeste, une feinte qui se venge, un trésor qui chante avec les anges au paradis, finissent un Dimanche en chandelle sous le pont.

Le service à peine clos, il faut rendre son salut au bienfaiteur, ouvrir la porte au plus jeune des enfants, qui le long de cet ouvrage fait ses dents sur un serpent. Cette chimère ouvre grands les bras, une rumeur, un frimas et un remord se penchent sur l’inconnue.

Parfums que mâche le vent lourd de la passion, du désir et de l’ennui, du funèbre et du poli.

23 Février 2004.

05 septembre 2010

Sans titre, 22 Février 2004.

L’hiver traîne et contraint, effet de coupe et branche glacée. La vie du monde est un champ en bataille, y pousse une peur noire, terrible, à faire rire et pleurer les enfants, voleurs de billes et de cailloux. Ils sautent haut et loin sur les genoux de leurs mères, supplient, chantent et murmurent. Les voyant roussir, de crainte et de plaisir, la deuxième lune de l’année, frôle les étoiles qui clinquent.

Quand un verre se brise et rompt l’alliance, l’incertain entre au champ de la sagesse. La vie est diluée dans les éclats du rire et des voix, ils s’affrontent pour la palme des ombres, le trophée au vainqueur. Il dictera sa loi et ses égarements. Sa faux engrange toute l’herbe, le grenier se charge des travers et des rites, des sarcasmes et des plaintes, toujours se prit cette difficulté, toujours s’imposa cet ordre.

La beauté exténuée, tendresse et incertitude, dans le grain de la peau, sur une cicatrice, ourle un cœur qui respire et fixe d’épines noires les douleurs du mensonge. Il faut taire son doute, proclamer sa foi, loin de raisonner, comme sonne à nouveau le tambour frappé par les plus forts.

22 Février 2004.

04 septembre 2010

Sans titre, 31 Janvier 2004.

Je ne souhaite pas qu’un autre parle à ma place et que les saisons chantent ailleurs en un dernier baiser. Le temps est un jardin de roses à venir. Il faut faire semblant de dicter la nature sur le clavier blanc et noir des plaisirs simples.

 

Entre le dire et le faire parle le miracle. Une poudre d’or, et un galet roulé plongé dans un bouillon de mercure, alourdissent le pas de l’amour, il arpente la terre. A la mesure des choses, le ciseau, le compas de nos jambes nouent et dénouent la crainte et l’horreur, le mur précipite à terre, entre les fleurs, un peu de sable sec, fileté d’araignée.

 

31 Janvier 2004.

03 septembre 2010

Sans titre, 24 Février 2004.

A rebours dans le froid et la crainte vivent les corbeaux.

Le vent souffle leurs plumes de froid et d’obscurité, le poil autour du bec commence la chaîne et frotte le vert blanc.

Ils mangent des cigales et font en piquant fleurir la vengeance et le malheur.

24 Février 2004.

02 septembre 2010

Sans titre, Janvier 2004.

Je veillerai sur toi, enchanteur, sur un pied que meurtrit le sol qui se dérobe. Le vent souffle sur ton bras le froid du matin. La vie te bouscule, une épreuve te renouvelle et gratte pour longtemps ton cœur qui frémit et frissonne.

 

Le frisson du réveil pique et durcit la peau de ton orteil. Il faut délivrer cet attachement aux membres qui te portent et libérer l’appui qui te lie au monde entier. Je veillerai sur toi, marcheur qui défile et mord à pleines dents la bouche de celui qui refuse et esquive la caresse et le coup. Le plateau qui te porte t’arrache à chaque pas un cri de douleur et de plaisir qui mêle la vie et le détachement, le combat et le repos. Le sacrifice qui s’impose annonce une passion nouvelle et harassante qui arrachera de ta terre un mélange de métaux et de gravats, il faut abandonner l’acide et le bronze qui te lestent.


Je veillerai sur toi, faiseur d’or et de miracles, qui balbutie et fascine et séduit, le ton est d’empire et de roi. Une cohorte te suit et admire la canne de Moïse, le sceptre de Pharaon. Sur ta droite et ta gauche, à tes flancs je serai là, et je te soutiendrai, nous compterons encore, toujours, et pour longtemps les étoiles qui filent, la grande ardeur et les espoirs qui se réalisent. Il faut continuer et tenir fort le chemin de la vie.


Janvier 2004.

01 septembre 2010

Le devoir.

Il faut.

01 Septembre 2010.

31 août 2010

Sans titre, 01 Février 2004.

Coule l’eau claire et une bulle claque, un monde éclate à la surface, le bateau qui balance sur cette mare de passions et d’orages aborde la rive du malheur et de l’ennui. Les rameurs de l’enfance tirent de leurs bras le tour de serpent et d’écarlate de ce pays qui se noie, dans le connu et la réserve, le pardon flotte sur la vie qui goutte.

Le rire impose l’envie de faire et dénouer, comme se joue la vie qui chavire et danse dans un verre d’eau que purifie le charbon. L’amertume brise le cœur qui songe, comme un cristal qui enveloppe et griffe. L’éclat de lumière dans le bocal ou tout s’agite, invente à jamais un monde qui explose, un univers de feu et de sang, de bruit et de fureur.

La lumière se pose sur ce pays qui émerge, elle chante pour tous, la joie de la chaleur qui caresse.

01 Février 2004.

30 août 2010

Sans titre, Septembre 2003.

Le grand vent est passé, sec et froid, sur pied les fleurs sèchent. Une barrière de nuages laisse à l’été qui meurt le reste du soleil sur l’horizon.

Des oiseaux plongent, noir et blanc, ils recommandent au ciel les âmes de ceux qui partent en voyage.

Septembre 2003.

29 août 2010

Sans titre, 21 Septembre 2003.

Bien au delà de la ceinture verte les fleurs bleues rampent sous les herbes et viennent de très loin. Elles sont du soir de ce jour qui chante dans les feuilles. Les palmes se conjuguent au souffle, voiles meurtries et serrées au centre de l’aube à la nuit.

La raideur et le froid bleuissent sous la lune qui avance dans le noir de Septembre. Le chien a bien gratté au pied de cet arbuste, il flairera de même le monceau de feuilles découpées avant. Les fleurs jaunes ont séché contre le mur de galets rouges et ocre de tuiles et de gravats mêlés.

Il faut rebâtir ce jardin qui s’échappe des mains de celui qui ne maîtrise rien.

21 Septembre 2003.

28 août 2010

Sans titre, 21 Septembre 2003.

Comme des filets de vie, viennent les nuages, un or que rien n’arrête. Tout réfléchit, l’animal dans le bleu, glisse entre les plantes, jette de petites graines. La nuit est agitée du cri d’oiseaux que l’on ne voit, les carreaux luisent de coups d’amour. L’été terminé, les ailes de libellules collent aux pas. Au froid du matin, la vie se renifle, les gouttes d’eau encerclent les grenouilles.

Vois la nuit, dis la joie de vivre cet enfer de charme : les enfants ont colonisé la rue.

21 Septembre 2003.

27 août 2010

Et grelotter et se tordre.

Et grelotter et se tordre et périr et disparaître sans que vole une fumée, sans un soupir. Pour, le jour et la nuit feindre la joie et le repos et pleurer, sans entraves, sans rien pour s’appuyer, sans canne, sans manteau, dévêtu et penché.

Les plis de peau sont ridicules et frottent le poil, et déroulent des cordes pour les marins, des épouvantails à moineau, des fantaisies pour qui crache sur la flamme, sur la peau qui bat la breloque, pour le plus fendu, le plus dressé sous la pliure. Il ne faut rien dévoiler et tout dire, du contenu, du branle bas dans l’univers. Il est aussi haut le matin et retenu par la fraîcheur et sous les doigts et sous les lèvres, il y a débauche d’oripeaux, flamme au vent. Sans rien lui dire et pour longtemps les creux avancent sous l’ombrage, les bosses sont tordus au doigt et retenues entre deux ongles, ils pincent comme le froid et la dent dure les égratignent, ils sont replets, confus et tendres et bien nobles dans une position d’abandon, de violence et de raffut.

Le grelot, le vaillant, il endure toute sa peine et frotte ci et frotte là, les gentils chats, les sacs pliés et retordus et les rides sur les paupières, la chair étrange dans la chaleur, verdit, fleurit, se rétracte et recommence, et recommence et tend le doigt vers l’embuscade, vers la file du roi maudit et nu et il se courbe et redemande et embrasse le ciel d’un œil si fort, si tendre dans l’air bleu et flottant sur la campagne, il est en avance et retarde et rebondit sur le visage et il est mouillé de vertu, pour renoncer et reprendre, et fragile sous un os dur il est enfoui dans une mare, englouti sous un pré, salé de complicité et refendu et retendu et outragé et barboté et calculé quand on soupèse, et redressé et bien happé, il est une ombre pour la terre, les grands sortent de la vague et montrent tout au vent qui passe, aux yeux écartelés, aux mains décoiffant la sûreté et la droiture, on va se tordre, se compléter et repartir et revenir dans une chemise flottante, le tout est rond et choisi et sucré et pimenté.

Les yeux épouvantés, l’air ne passe plus, plus rien ne respire, plus rien n’égale le flottement et la pliure est en transe, en morceaux ils faut enter et sortir et remonter et y penser et donner un sens au partir, au meurtrir. Cela pend, se coince et refuse et remonte et réjouit et choit sur la peau, sur l’étendard, pour joindre dans le fil de l’eau deux vies aveugles et tendres et perdues et montées et remontées de fond en comble de dedans, de dehors, et de poids tendre, tendre et furieux et trop de respect parfois de l’innocence et la chair vit et le poids plombe, le marteau démonte les murailles et se repose un seul instant sur le rebord de la toiture, les pointes appointées et tordues sous la vigilance , il faut retendre et reprendre et compter sur les doigts tous les plis de la draperie, tous l’or en paillettes qui glissent entre les joues de la braise qui chauffe, chauffe et remonte pour une fois encore à la pliure des hanches, au nombril. Plié, creusé, mouillé et forcené et retendu car cela passe, se défait et recommence, les marins tendent les filets et pêchent une fois encore une fois de plus, la mer est immense les vagues tournent fort, ils étaient jeunes, ils sont partis et les plis de la voile se tendent et se détendent et la vie est pareille, semblable, le sac, le ressac, la corde, tendue, détendue, ils sont à terre et recommencent et au point toujours au point, au bout du bout il y a le jour.

25 Août 2006.

26 août 2010

Et si la vie passait ainsi.

Et si la vie passait ainsi, toujours sur les cailloux, dans l’attente de rien, que le temps passe, sans ennui en faisant simplement le temps à l’envers, à l’endroit, sans rien débrancher, ni arbre, ni partage, ni le soleil luisant, ni la nuit de rosée. Si un soupçon de nacre se détache et refroidit la peau, les frissons sous l’eau en étincelle dérangent l’ordre.

La construction est élevée, les diseurs disent et les soupçons s’infiltrent de l’eau vers la peau et le cœur ne suit pas, il est au loin sur une plage blanche dans le sable, il glisse entre les doigts, les frissons éclatent dans l’ordre. Les bâtisseurs se coulent dans l’eau froide des sources, ils recommencent et élèvent un ordre pour en haut, pour partir et choisir et grandir si près de la source, l’eau est froide, le frisson est glacé.

Sur le temps, sur la rive, sur le bord, il passe et repasse et toujours il est là et l’eau n’est plus la même, les frissons étrangement le suivent et sa bouche se tord sur un baiser en l’air, rêvé et impatient, et pourtant il faut attendre et attendre, sur les cailloux à côté de l’herbe sèche, à côté du chemin, le rien et de tout ce qu’il cache, les regrets au fond de l’eau, les retards et le temps qui avance et perd inutilement les doigts dans la joue et la bouche tordues. Les regards toujours au loin, toujours chavirent et n’espèrent rien que la présence de ce qui est en chemin, de ce qui va venir, de ce qui va revenir, de l’absence toujours.

L’eau est froide, les insectes sont calmes, il faut penser à mourir un jour pour toujours et se rendre au temps. Son calme passe sur le chemin, les enfants dorment, les animaux attendent et ouvriront la trace. Ils sont épris et tournent sur le dos, sur les reins, dans le sens de la montée, de l’effort et rien ne traîne sur les cailloux. Les ondes soupirent et les méchants menacent de la voix et du corps, les gestes précipités, les mains frappent et l’eau et l’air, rien ne commence et tout s’attend, les bâtisseurs ont élevé et les dormeurs dorment et les rêveurs passent et dans l’attente les ordres sont bouleversés, le cri est à venir, la peau est tendue, frappée d’un bâton souple, le cri dans l’eau trop froide pour ceux qui jouent à la chaleur sans remords et sans craintes, ils étendent le bruit sur l’horizon, sur le destin, la fureur portée au-delà des avances, au-delà des remontrances, dans le parcours glacé du pied dans l’eau froide, de l’escalier qui craque le matin trop tôt.

Il faut y trouver l’ordre et la raison et choisir sur la peau la place exacte pour le baiser, le juste moment pour l’offrande. Et la vie est passée sur les cailloux et les arbres sur le calme se balancent et les feuilles glissent entre deux larmes. Les cailloux sont accumulés sous le pied sous le poids dans le calme sans ride, dans le regret, le temps se passe, il faut écouter, écouter pour voir et dire le flot.

L’ordre en apparence est offert, la profusion est intacte, les oiseaux sont couchés, il fait chaud, il fait froid, les bâtisseurs contemplent l’élévation, les rêveurs cernent leur rêve, les oiseaux sont blottis, les insectes sont absents, les chiens dorment, le temps passe et ne se présente plus, il y a dans l’air sans rides un éclat, une légèreté que l’on écoute, que l’on veut voir, qui se mérite, qui est en attente, qui répare la vie et fleurit sur les branches. Le temps est arrêté, les cailloux sont posés, les chiens dorment, les oiseaux sont serrés, des enfants agitent leur main, il est temps pour l’adieu, pour l’inconnu, pour tourner sur la terre et suivre un autre chemin.

25 Août 2006.