02 juillet 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 6/7

La vie avance, il est construit et il perd un à un chaque souffle, une à une chaque stupeur. Il est incompris, il est en demande, il faut offrir, ouvrir et retenir, et l’enfance et les figures. Le passé est posé au balcon, il tourne le dos et le cœur aux ardeurs, aux figures, la vérité est en marche.

27 Avril 2009.

 

01 juillet 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 5/7

La vague est immense, le cou est trop tiré, sur la pointe des pieds, sur le cœur suspendu au balcon, au rêve épanoui, il se perd, il se perd et il évite l’infini, il entend et il voit de vieilles âmes, des cœurs perdus, des noyés qui disent la surface, il chante et retient sous son doigt une part du salut, un retour de l’absence. Le rêve est complet, la stupeur est immense, il considère et retient le meilleur, le meilleur.

27 Avril 2009.
 

 

30 juin 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 4/7

Il est monté au rebord de la fenêtre et chante : les nuits sont froides et pleines de sursauts de lune argentée, de ficelles tendues au poids, en poids, une cage, un fardeau, une volonté sans faille, il tire sur les fils et donne un tour. Il a grimpé, un soupir plus un autre, une ardeur nouvelle et argentée, une inscription dans le décor, dans la sombre chambre, en attendant le jour. La nuit est plus froide, l’argent plus pur, le fil tiré, tiré, et reconnu, entendu, perdu, éblouissant et calme, son silence suivra.

27 Avril 2009.

 

29 juin 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 3/7

Il engrange sur le dos, sur le dos il connait un vrai supplice : arrêtez vous et montez au balcon, suspendez le regard, donnez des nuits noires et froides et commencez, il faut reconnaitre ce qui est connu, il faut fatiguer la bête, il faut assommer les fantômes.

27 Avril 2009.

 

28 juin 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 2/7

Il témoigne, il témoigne, il est seul, le seul, d’un désir fervent, d’une ardeur agissante, il reconnait et ploie sous la tendresse. La lune est levée, le froid est revenu. Il entend, il chante dans l’inconfort, le temps est suspendu aux illusions toutes grandes, la peur partout, et le châtiment.

27 Avril 2009.

 

27 juin 2009

Au bord des cendres, il accumule et il déploie. 1/7

Il est perdu dans la forêt des poussières, dans le grand rire tendu sur le fil, sur le fil, sur la reconnaissance. Etendu, il parle et enchante : venez, venez, entendez, écoutez, voyez, sentez, il parle et il écoute. Aux blanches certitudes il tend un miroir au tain d’argent de lune, au fond, il inspire, en fond, il inspire, et il donne le langage, le langage : l’amour tendu, offert.

27 Avril 2009.

 

26 juin 2009

Ces gens ensorcelés.7/7

Le cœur épanoui, ils viennent au combat, ils viennent à l’absence, ils cherchent des cailloux et trouvent du sang versé sur le chemin, perdus dans une souffrance à faire pâlir et mourir les plus jeunes. Ils sont perdus, ils sont posés, ils meurent sur le bord en tas, sur le point nommé dans l’azur et leurs enfants les tiennent et ne comprennent pas.

24  Avril 2009.

25 juin 2009

Ces gens ensorcelés.6/7

Ils se tiennent les mains, ils se reconnaissent, ils sont à inventer et ils sont en marche, en présence, en angoisse, en rires. Un peuple de gens simples attend la conclusion. L’histoire dure, le poing levé, ils jurent au très haut : je suis abandonné, je suis en suspension, j’attends, je meurs et rien ne change et rien ne bouge, ils se croient et enfants et héros et martyrisés et frappés d’infamie et joués au dé d’un doigt nonchalant, d’un supérieur dédain. La vie est en avance, au calme naissant ces hommes dansent sur un volcan, ils comptent la fumée, ils décroisent les doigts, ils arrachent le bien.

24  Avril 2009.

24 juin 2009

Ces gens ensorcelés.5/7

Leurs grandes processions iront d’une croix à une autre, d’un reposoir au balcon des harmonies perdues, les fleurs penchent au calice souillé, les éclats de la vie meurent un peu à chaque pas, à chacun, à chacun de dire son audace, de marteler encore du poing sur le sentier, d’imposer sa présence, de finir au fond du bol une ration d’amertume, de faire et croire et pour recommencer.

24  Avril 2009.

23 juin 2009

Ces gens ensorcelés.4/7

Le néant est là, au bord de la route, ces gens ont peur, ils comptent les raisons de croire et d’espérer et de voir encore d’un œil bienveillant les enfants et les chiens jouer sur le tas des erreurs accumulées. Le retard est certain, ils sont pauvres et sans joie, ils sont à avaler, ils sont à transporter pour avaler encore et boire et refaire les erreurs de toujours.

24  Avril 2009.

22 juin 2009

Ces gens ensorcelés.3/7

Les fleurs sans ombre, au bord du chemin, les insectes qui sautent et ceux qui volent aussi, la raison perdue et le regard noyé dans l’apparence des choses et de la vie, ils sont le sourire nu sur l’épaule. Attendris, ils en reviendront riches de cette course longue et folle, posés sous le ciel bleu, arrachés à l’orage. Les yeux sous les nuages affranchissent le temps, les heures sont plus courtes, ils se défont et enjambent des tas de raisons pures, anecdotes pour le pied des chevaux et leurs traces perdues. Les mains sous la toile ils cherchent un pardon pour les oiseaux blessés, pour les tourments du monde, ces gens ensorcelés, cherchent  les réparations, le tas de terre nue étalé sur les trous, l’orage à fait violence, les murs vont s’effondrer et perdre le sens, toute chose est vue, toute crainte est possible, les rêves évadés, les gouffres pour les âmes.

24  Avril 2009.

 

 

21 juin 2009

Ces gens ensorcelés.2/7

En tas au temps venu, au temps serré, au temps tenu, il y a des oiseaux, ils mêlent et imposent un signal pour la route, un ordre pour partir : allez mes enfants, le silence nous appelle, les herbes, au bord, sur le chemin attendent, il faut compter, épeler, énumérer et ne rien trahir de la vérité, des raisons aveugles qui bâtissent le cœur et consolent les âmes et font vibrer encore et parlent de bonheur.

24  Avril 2009.

20 juin 2009

Ces gens ensorcelés.1/7

Un souffle sur le dos, une entrée dans le cœur, ils fuient le martyre, ils défient la rage, ils inventent encore un pas de plus vers le ciel, vers le bleu au temps compté, le remord effacé, l’ardeur appelle et joue sur les rameaux. En ruisseaux l’existence, en sillons enlacés de fières certitudes, ils sont au monde un pauvre tas posé sur l’herbe, dans le champ des rejets, des fêlures, du temps passé, des histoires contées, des mots balbutiés, des flammes en ouverture, du rire en cascade, de l’horreur et plus, bien plus encore.

24  Avril 2009.

19 juin 2009

Fous rires.

Passé minuit

Quand on n’a plus rien de précis

à demander

À l’heure où l’on avance ses pions

à tâtons



Mais qu’est-ce-que je fais là

encore

à sortir du bois et des limites ?



Et personne à imiter

Et personne à influencer



Passées les lignes

et les Figures

Que reste-t-il

à l’ami du poème?

Comme l’on dit

l’ami du bois ou de l’argile

Ou comme l’on ne dit plus

tant commère Méfiance et compère Soupçon

ont tout envahi

depuis belle lurette



Passé maintenant

ce présent

au crible

d’une réelle présence

qui a créé de toutes pièces

des pions

un bois et ses clairières

et - mordorées -quelques questions

qui dressent la scène

où les réponses s’envolent

se croisent et retombent sans mal

avec des fous rires qui emportent la page


Jean-Jacques Dorio     

17 juin 2009

 http://dorio.blog.lemonde.fr/